HISTORIQUE DE L'AERODROME DE BELMONT SUR RANCE

Dans le courant de l'année 1975 trois pilotes de St Affrique ont un jour été pressentis par l'abbé ALIES, maire de Belmont/Rance qui leur a posé la question suivante : » que faut il faire pour construire un aérodrome ? »

Après quelques secondes d'étonnement, conseil lui a été donné de s'adresser à la DGAC à Toulouse (Direction générale de l'aviation civile) mais il ne lui a pas été caché qu'il s'embarquait dans une drôle de galère et que la mairie de Belmont devrait certainement s'attendre à d'importantes dépenses.

Réponse du Maire : « les galères je connais et la recherche de subventions, c'est mon métier « 
Quelles démarches a t-il effectuées ?, quelles portes a-t-il poussé ?, quelles interventions a-t-il provoqué ?, nul ne le sait, toujours est il que peu de temps après, une équipe d'ouvriers spécialisés dans l'installation de bases aériennes était dépêchée à Belmont avec bulldozers, scrapers et autres méga engins sur le domaine de la Borie de Grach, ferme opportunément en vente à l'époque et achetée par la mairie. Inutile de préciser que l'aspect de la piste actuelle ne permet absolument pas de se représenter le relief tourmenté initial : bosses, creux, rochers... il fallait beaucoup d'imagination pour y voir un aérodrome ; les travaux pharaoniques de terrassement allaient durer plus de deux ans...


Quoiqu'il en soit un terrain d'aviation, même à l'état de rêve, ne peut se concevoir sans avion ni pilotes. Un Aéro Club a donc été créé: » les ailes Sud Aveyronnaises, siège social Mairie de Belmont », auquel ont adhéré nombre de Belmontais. II fallait un avion - Dans les petites annonces spécialisées nous avons trouvé un Piper J3, le F-BHMQ, une merveille, sans démarreur, sans radio, sans batterie, avec les quelques seules pendules obligatoires : un altimètre  un badin, un compte tours et un compas, pour la somme faramineuse de 15000 francs. Mon 1er vol sur cet appareil, 1 h 10, date du 22/7/74 .


L'aérodrome de Belmont étant loin d'être terminé, l'avion était basé à Millau Larzac et mis à l'abri dans le hangar nord (celui qui abrite actuellement les ULM). Les membres du club qui voulaient s'adonner aux joies des promenades aériennes devaient donc se déplacer jusqu'à La Cavalerie, l'enthousiasme des néophytes étant tel qu'aucune récrimination n'est venue, à ma connaissance, entacher cette contrainte.
Le Piper ayant malheureusement été accidenté, les 3 pilotes de St Affrique ont décidé de le remplacer par un autre biplace, pas trop cher. Ils ont arrêté leur choix sur un JODEL D 119, le F-PMXC, qu'ils sont allé chercher à Dreux, sur une remorque, à l'état d'épave, ils l'ont démonté et reconstruit pendant l'hiver 1976 /1977. Mon premier vol sur cet appareil date du 19 mai 1977 de  22 minutes d'entraînement, il s'agissait d'un avion léger, suffisamment motorisé et qui « grimpait aux arbres » agréable à piloter mais vicieux en diable à l'atterrissage il fallait absolument le contrôler jusqu'à l'arrêt complet. C'est d'ailleurs le seul avion à qui j'ai vu faire, en 50 ans de pratique, un tête à queue parfait au moment du posé : j'étais en place droite ; j'ai eu juste le temps de penser: le train va s'arracher, on va péter une aile, briser l'hélice, esquinter le moteur; l'avion est foutu. Et non l'avion n'était pas foutu ; il s'était simplement arrêté face à la direction d'où nous venions sur la 32 de Millau Larzac.
Passons rapidement sur l'utilisation tout à fait illégale du terrain de Belmont le 15 août 1977, qui provoquerait à l'heure actuelle le déplacement de la Gendarmerie locale, de la Police de l'Air et des Frontières, que sais je encore... (de toute façon il y a prescription) et venons en à l'inauguration officielle, le 15 août 1978, en grande pompe avec la Patrouille de France, tous les officiels, M. Turcat, le pilote d'essai du Concorde... je dois en oublier...

Il est certain que l'abbé Aliès ne taisait pas les choses à moitié et, sitôt l'inauguration terminée, il repartait à la chasse aux subventions pour la construction d'un puis de deux hangars et l'installation d'une pompe à essence.
Dans le même temps les Ailes Sud Aveyronnaises voletaient doucement et l'un de ses membres passait ses qualifications pour devenir instructeur. Il créait  une école de pilotage qui lui permettait de former quelques nouveaux pilotes mais il était évident que le potentiel local était trop faible pour qu'une telle école soit viable. Il n'y avait pas assez d'élèves et cet instructeur décidait de s'installer à Muret à proximité de Toulouse.
Ne restait donc à Belmont qu'un seul avion ce qui était bien peu pour 2 hangars et une piste de 1050 mètres. Mais l'un des pilotes, nouvellement adhérent à l'association, était également vélivole et l'idée a peu à peu germé que le vole à voile, moins onéreux que le vol moteur, pourrait entraîner une activité importante, d'autant que St Affrique possédait une école EDF dans laquelle on pourrait puiser nombre d'élèves pilotes.


L'aéro club planeurs a donc été créé, sous l'appellation « Aéro-Club de Vol à Voile de l'Aveyron et du Tarn » au mois de novembre 1981. Restait à trouver:

un moniteur
un avion remorqueur
un ou plusieurs planeurs

Les problèmes se sont réglés sans trop de mal au fur et à mesure.
Un Bijave a été acheté, (5000 f) au club de Rodez. Il était en très mauvais état mais l'inspecteur Véritas de l'époque nous a autorisé (qu'il en soit remercié) à l'utiliser pendant la saison 1982 sous la promesse que nous le réentoilerions l'hiver suivant. Il s'agissait du F-CCRI qui a fait le bonheur de nombreux pilotes de Belmont pendant de longues années et qui vole encore à la Grand Combe


Un 2éme appareil nous a été confié par la FFVV, un autre Bijave, le E-CDSR, remplacé ensuite par un ASK 13 le F-CERE.
L'avion remorqueur a été dégoté à Aix en Provence. Le F-BODD. Il ne lui restait plus beaucoup de potentiel, sa peinture, passée au rouleau, ne présentait pas un polish éblouissant mais il nous a rendu de fiers services avant d'être remplacé par le remorqueur actuel, le F-BRDG.
Les moniteurs sont venus d'eux mêmes : Anne Marie Laporte, toute menue et fraîchement qualifiée et André Barruet avec un paquet d'heures de vol, et beaucoup d'expérience.
Pendant plusieurs années l'école EDF a fourni le plus gros du contingent d'élèves pilotes et de pilotes dont nombre d'entre eux continuent de voler et se rappellent les bons moments passés à Belmont. Malheureusement cette école a fermé et il a été nécessaire de trouver des solutions pour maintenir une activité suffisante. Des stages ont donc été organisés avec des participants locaux, des stagiaires envoyés par un Centre de Vacances de Lille, par I'ANEG, l'Aéro-Club National des Electriciens et Gaziers.


De son coté le Maire de Belmont ne restait pas inactif puisqu'il réussissait à implanter, dans les années 1995, une piste en dur allongée à 1350 mètres. Il est à noter, à ce sujet, que les ouvriers chargés de peindre les numéros des pistes avaient une chance sur deux de se tromper et ça n'a pas raté : ils ont peint le 30 à la place du 12 et vice versa et il a été difficile de les persuader de leur erreur. On peut encore distinguer les chiffres erronés sous le goudron noir lorsqu'on est à la verticale de la piste.
En
consultant mes carnets de vol, pour les besoins de cet exposé, je revois les appareils achetés ou loués par le club le Bijave Novembre Lima, en juillet 1982, le SF 28 Yankee Novembre, en octobre de la même année, le Squale Sierra Novembre en septembre 83, dans lequel il  fallait un chausse pied pour entrer et un tire bouchon pour sortir, le Twin Charlie deux fois, au mois de mai 85 et le BF IV Zoulou Bravo en décembre (qu'est ce qu'il e pu faire parler ce planeur ! ...) l'Alliance Hôtel Fox qu'il a fallu chercher en convoyage au Blanc le 23 octobre 96, le Twin Kilo Delta en mars 99, le Marianne Lima Golf et le SF IV Zoulou Alpha en avril 2005 et enfin le SF 28 Juliette Charlie en mai 2006.

 

 

Il ne faut pas oublier le treuil...Mes premières treuillées datent de 2002. J'en déduis que c'est vers cette époque que nous sommes allés dénicher cette drôle de machine au fond d'un hangar de Salon de Provence...Le moins qu'on puisse dire c'est que les premiers essais n'étaient pas « au top » et il n'y a eu depuis les conseils éclairés des collègues de Belfort, venus en stage à Belmont à l'été 2009 que nous savons, enfin, nous servir de cette bécane.


En consultant mes notes je ne manque pas de revoir ceux qui ont oeuvré sur ce terrain et qui ne sont plus Rene Delmas qui nous a vraiment parrainés, René Costecalde, le seul vélivole du début du club, qui nous a formés au remorquage, et Pierre Solié à qui je dois d'avoir participé, à mon corps défendant, au magistral cheval de bois dont j'ai parlé plus haut  (c'était lui le pilote) et qui figure sur la plaque commémorative apposée en façade du hangar, non à cause de cet exploit mais parce qu'il a été l'élément déclenchant de toute cette aventure en apostrophant le maire, un beau matin d'été,


« Albert, tu devrais construire un aérodrome ... »

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